Star Wars - Le Réveil de la Force

Film : Star Wars - Le Réveil de la Force (2015)

Réalisateur : J.J. Abrams

Acteurs : Daisy Ridley (Rey), John Boyega (Finn), Oscar Isaac (Poe Dameron), Adam Driver (Kylo Ren), Harrison Ford (Han Solo), Carrie Fisher (Princesse Leia), Mark Hamill (Luke Skywalker)

Durée : 02:16:00


Cela faisait 10 ans que les fans attendaient un nouveau Star Wars, et 32 ans qu’ils attendaient un nouveau Star Wars… fidèle à l’esprit d’origine. On y est ! Le scénario, simpliste, reprend les trames des épisodes IV, V et VI, avec une quête par épisode, une bataille finale, et une intrigue générale – laissée encore floue – distillée sur trois épisodes.

Pour aborder d’abord les points négatifs, en sus d’une intrigue très calquée sur la trilogie originale, le film ne développe pas assez les nouveaux personnages auquel on a, de ce fait, du mal à s’attacher. Rey (Daisy Ridley) est vouée à être l’héroïne de cette nouvelle trilogie, mais on ne s’y identifie moins qu’à Finn (John Boyega). Tout simplement parce que nous connaissons mieux Finn, et son passé, que Rey, dont on ne sait presque rien. Par exemple, dans l’épisode IV, nous découvrions Luke, mais sans rien savoir de sa famille ou de son destin, nous savions quelle vie il avait menée, quels étaient ses enjeux émotionnels, ses motivations… C’est l’écueil auquel se heurte cette trilogie qui mise beaucoup sur la discrétion et l’effet de surprise : on ressort avec un goût de trop peu concernant les personnages – l’autre écueil étant de ne pas arriver à la hauteur de l’attente que l’on crée sur les révélations.

Malgré tout, The Force Awakens est LE film qui renoue avec l’esprit d’antan. On y retrouve l’esprit nonchalant et négligé, des personnages fidèles à leur clan mais opportunistes dans un monde agressif. De l’humour, de l’amitié et une certaine grandeur d’âme. Loin des intrigues surdéveloppées des préquels, on retrouve une intrigue à taille humaine dans un univers immense, magique et aux décors grisants. De quoi renouer avec le plaisir fébrile d’assister à un film d’attraction réussi.

La palme revient essentiellement à J.J. Abrams qui a su trouver un équilibre entre rafraîchir, de sa patte, une saga épuisée après six épisodes, et s’effacer devant une œuvre plus grande que lui. Pour cela il prend le parti de placer devant sa caméra les décors et la direction artistique fidèles aux films originaux, mais de les filmer à sa manière. Filmer la même chose, mais différemment. Et le réalisateur est au sommet de son style, bien plus épuré que dans Star Treck, par exemple. Il dessine, de sa caméra, l’action, tout autant qu’il l’observe. Les mouvements sont fluides et grandioses : ils accompagnent le regard et dynamisent l’action. On retrouve aussi des jeux d’échelle impressionnants, qui ont toujours fait parti du style Star Wars, autant que de celui d’Abrams (on notera par exemple le plan où Rey passe en speeder, au milieu du désert, devant un destroyer crashé qui fait la faille d’une ville ; ou encore les nombreux jeux de zoom et dé-zoom qui donnent relief et profondeur aux décors). Enfin, les combats sont filmés avec un style nouveau dans la trilogie : réalisme et lenteur. La chorégraphie est très discrète, les raids de stormtroopers (l’armée impériale) sont plus nerveux et accompagnés des legati graves de John Williams mais, encore une fois, la caméra vient ajouter une note de fraîcheur dans ces scènes d’action. On notera, entre autres, un magnifique plan séquence qui suit, en même temps, depuis le sol, un combat de fantassins ET un combat aérien qui scelle, de surcroit, l’amitié entre le fantassin et le pilote… !

Malgré quelque péchés par omission, ce septième opus de la saga Star Wars, premier venu d’une nouvelle époque qui contiendra deux suites et deux spin-offs, nous captive pour nous libérer, au bout de 2h15 de spectacle, avec ces deux questions : à quand le deuxième visionnage… et à quand la suite ?