Inherent vice

Film : Inherent vice (2014)

Réalisateur : Inherent vice

Acteurs : Joaquin Phoenix (Larry "Doc" Sportello), Josh Brolin (Lt. Det. Christian F. "Bigfoot" Bjornsen), Owen Wilson (Coy Harlingen), Katherine Waterston (Shasta Fay Hepworth)

Durée : 02:29:00


A moins de considérer que le mode de vie hippie, constitué d'une part de vie ordinaire noyée dans le sexe, la drogue et l'alcool, soit digne d'intérêt, on comprendra facilement que ce film ne soit pas l'activité la plus édifiante du monde moral.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Autour d'une enquête excellemment bien construite scénaristiquement, se greffe en effet une ambiance vaporeuse dans laquelle les nostalgiques babacools se reconnaîtront sûrement. Joaquim Phoenix incarne avec talent un « doc » à la recherche de toutes les expériences possibles, tant que celles-ci ont pour objet d'exciter les passions les plus diverses de son corps. Si le spectateur en quête d'absolu s'entendra s'ennuyer, le voyeur y trouvera donc matière à assouvir ses instincts pendant près de deux heures, d'autant que de ce point de vue, le film est remarquablement bien fait !

Les acteurs incarnent des personnages jouant sans cesse avec les frontières de la folie et de l'onirisme, funambulisme dangereux relayé par une caméra complaisante et souvent déstabilisante. Dans cette perspective, la raison aime volontiers s'enfuir soudainement pour revenir avec un air mutin, avant de laisser de nouveau la place à la déraison.

Tiré du roman éponyme de Thomas Pynchon, l'enquête, pour complexe qu'elle soit (voire obscure parfois), prend alors des allures de prétexte. Les personnages se courent après sans grande conviction, mais avec une détermination mécanique qui imprime un rythme assez soutenu au film.

Moralement déplorable, l’œuvre n'est donc véritablement intéressante que formellement pour un œil avisé, mais ne vaudrait-il pas mieux s'attarder sur les films qui présentent le double avantage d'être à la fois bien édifiés et édifiants ?

Cherchons bien la réponse au fond de notre conscience, mes frères hippies !