Woody nous refait du Allen avec cette comédie dramatique hésitant entre la plaisanterie, l’éclat de rire… et le meurtre prémédité. Après Magic in the Moonlight (2014), la talentueuse et séduisante Emma Stone rempile avec le réalisateur britannique, très à l’aise derrière sa caméra. Jill, son personnage, va prendre « une leçon qu’on n’apprend pas dans les cours » de la part son distrayant, imprévisible et inquiétant professeur de philo Abe Lucas (Joachim Phoenix).
On marche totalement vers l’inconnu avec ce scénario expérimental qui suit la trace d’un homme perdu, sans goût pour la vie réelle, assommé par sa science impuissante à le délivrer. En apparence. Car sous la carapace du génie esseulé, incompris, et désintéressé de femmes folles de lui, couve un homme nouveau qu’un événement hasardeux va totalement changer de l’intérieur. Métamorphose drôlement cynique partant du principe simple : si votre vie ne vous intéresse plus, ne formulez pas de vœux inutiles, changez-là ! Jusque-là rien de très cynique. Sauf si vous considérez à la façon kantienne que le monde est une projection venant de votre esprit, et donc que la suppression d’éléments gênants dans votre paysage peut vous rendre davantage heureux. En évinçant les opposants au bonheur humain, vous devenez même vertueux, car vous rendez le monde meilleur !
Attention, ne nous prenons pas trop au sérieux : cette comédie qui vire au drame cynique relève de l’esbroufe ! D’ailleurs le talent de Woody Allen est d’arriver à faire hésiter très ironiquement le spectateur entre ces deux registres. On trouve en Abe Lucas, censé représenter un prof-stratège reconnu, un total anti-héros pathétique et amusant. Cette brisure du mythe des profs de fac charismatiques, entraînants, surmotivés, pédagogues, permet à l’histoire d’ausculter avec réalisme la vie d’un intellectuel morfondu dans sa solitude et amer devant la nourriture que lui procure la connaissance. Autour de lui se pressent des femmes qui se trouvent la vocation commune de le faire émerger de son insondable « blocage ». Des femmes victimes… mais pas moins stratèges.
Grand spécialiste de la romance, Woody Allen s’amuse une fois encore à peindre les soubresauts des relations amoureuses en variant les situations et les comportements. Dans notre histoire, il se plaît à badiner avec le crime soft et divertissant, concept auquel les drames hyperréalistes actuels ne nous avaient plus habitués depuis longtemps. Evitant les sujets trop sérieux, ou les abordant avec une distance qui les rend absurdes, Woody Allen ne s’essaye pas vraiment aux questions transcendantes. Restant dans son registre, il taquine les codes moraux, avec assez de réussite, et demeure fidèle à son petit péché mignon de superficialité. S’amouracher, plaquer, aimer, rire, tuer : quelle différence ?
Woody nous refait du Allen avec cette comédie dramatique hésitant entre la plaisanterie, l’éclat de rire… et le meurtre prémédité. Après Magic in the Moonlight (2014), la talentueuse et séduisante Emma Stone rempile avec le réalisateur britannique, très à l’aise derrière sa caméra. Jill, son personnage, va prendre « une leçon qu’on n’apprend pas dans les cours » de la part son distrayant, imprévisible et inquiétant professeur de philo Abe Lucas (Joachim Phoenix).
On marche totalement vers l’inconnu avec ce scénario expérimental qui suit la trace d’un homme perdu, sans goût pour la vie réelle, assommé par sa science impuissante à le délivrer. En apparence. Car sous la carapace du génie esseulé, incompris, et désintéressé de femmes folles de lui, couve un homme nouveau qu’un événement hasardeux va totalement changer de l’intérieur. Métamorphose drôlement cynique partant du principe simple : si votre vie ne vous intéresse plus, ne formulez pas de vœux inutiles, changez-là ! Jusque-là rien de très cynique. Sauf si vous considérez à la façon kantienne que le monde est une projection venant de votre esprit, et donc que la suppression d’éléments gênants dans votre paysage peut vous rendre davantage heureux. En évinçant les opposants au bonheur humain, vous devenez même vertueux, car vous rendez le monde meilleur !
Attention, ne nous prenons pas trop au sérieux : cette comédie qui vire au drame cynique relève de l’esbroufe ! D’ailleurs le talent de Woody Allen est d’arriver à faire hésiter très ironiquement le spectateur entre ces deux registres. On trouve en Abe Lucas, censé représenter un prof-stratège reconnu, un total anti-héros pathétique et amusant. Cette brisure du mythe des profs de fac charismatiques, entraînants, surmotivés, pédagogues, permet à l’histoire d’ausculter avec réalisme la vie d’un intellectuel morfondu dans sa solitude et amer devant la nourriture que lui procure la connaissance. Autour de lui se pressent des femmes qui se trouvent la vocation commune de le faire émerger de son insondable « blocage ». Des femmes victimes… mais pas moins stratèges.
Grand spécialiste de la romance, Woody Allen s’amuse une fois encore à peindre les soubresauts des relations amoureuses en variant les situations et les comportements. Dans notre histoire, il se plaît à badiner avec le crime soft et divertissant, concept auquel les drames hyperréalistes actuels ne nous avaient plus habitués depuis longtemps. Evitant les sujets trop sérieux, ou les abordant avec une distance qui les rend absurdes, Woody Allen ne s’essaye pas vraiment aux questions transcendantes. Restant dans son registre, il taquine les codes moraux, avec assez de réussite, et demeure fidèle à son petit péché mignon de superficialité. S’amouracher, plaquer, aimer, rire, tuer : quelle différence ?