Pixels

Film : Pixels (2015)

Réalisateur : Chris Columbus

Acteurs : Adam Sandler (Sam Brenner), Michelle Monaghan (Lt. Col. Violet Van Patten), Kevin James (Président Will Cooper), Peter Dinklage (Eddie) Plant

Durée : 01:46:00


Ce n'est pas le film de l'été, mais c'est quand même bien distrayant. Pour un geek comme moi qui a passé des heures sur le vieil MS-DOS de son père à aller bouffer des cerises pour échapper à des fantômes, à essayer de traverser des routes de plus en plus encombrées avec une grenouille qui fait la taille des voitures ou à éclater des aliens en ligne avec un avion qui reste au sol (magie de l'écran), je dois dire que retrouver toutes ces choses est fort amusant.

Le scénario est peut-être un des plus débiles qui ait été vu. Presque rien n'est cohérent. Bon, je vous l'accorde, des jeux vidéos qui attaquent la terre, au départ, ce n'est pas particulièrement réaliste, mais il auraient vraiment pu faire mieux. Pourquoi envoyer des jeux vidéos aux aliens ? Pourquoi les aliens l'auraient-ils mal pris ? Pourquoi auraient-ils décidé d'utiliser ces mêmes jeux vidéos pour attaquer la terre ? Par exemple pourquoi se soumettent-ils d'eux-mêmes aux règles des jeux vidéos alors que le principe de la guerre est précisément de limiter les contraintes au minimum éthique (oui je sais, quand on voit ce qui se passe autour de nous, on regrette la codification de la guerre médiévale, mais le principe reste valable) ? Pourquoi d'anciens joueurs seraient-ils les plus à même de conduire cette guerre (l'anticipation des cycles propres au jeux des années 80 ferait la joie de n'importe quel stratège militaire) ?

On a bien compris que le scénario n'était pas la préoccupation première des cinéastes en l'occurrence.

Incapable à partir de là de traiter une vraie question de fond, le film essaie donc de trancher une question existentielle de taille : celle qui oppose les deux générations de « gamers ». On sait (ou pas) que tout le progrès des jeux vidéos a été de réduire au maximum la possibilité d'anticipation des mouvements du jeu en développant drastiquement l'intelligence artificielle, et ceci afin d'exiger des joueurs une faculté d'adaptation accrue et une augmentation du jeu réflexif. Ce n'est pas dit comme ça dans le film, mais c'est ce qui ressort, puisque le héros (Adam Sandler) ne parvient à battre Donkey Kong qu'en abandonnant le calcul des cycles.

Personnellement, étant à cheval sur les deux générations, j'aime les deux, mais qu'importe. On ne va quand même pas construire un film là-dessus, hein ? Si ? Ah bon...