Prêt à tout

Film : Prêt à tout (2012)

Réalisateur : Nicolas Cuche

Acteurs : Max Boublil (Max), Aïssa Maïga (Alice), Patrick Timsit (Demougin), Chantal Lauby (Chantal)

Durée : 01:39:00


A ceux qui se posent la question, non. Ce film n'a rien à voir avec Prête à tout, ce film où Nicole Kidman joue les mantes religieuses pour réussir sa carrière professionnelle. Il s'agit plutôt ici d'une comédie sentimentale assez mignonne, calquée sur le modèle américain mais résolument française, dans laquelle l' "amour" va et vient comme il peut.

Si la réalisation est très sobre (volontairement, à en croire le dossier de presse), le jeu d'acteur en vaut la peine. Max Boublil et Aïssa Maïga ont su donner une épaisseur à leurs personnages qui tranche avec le modèle américain. Le premier excelle dans le rôle du personnage balloté par les événements mais gentil et amoureux, la seconde incarne une jeune femme pleine de vie et perpétuellement dans la tourmente.

Evidemment le ressort romantique n'est pas très original. Max ment à son amour pour mieux se rapprocher d'elle et la jeune femme, apprenant qu'il lui a menti, le prend très mal. Cette réaction est complètement stupide, bien sûr, mais elle est comme toujours dans les canons du genre une convention : le spectateur fait semblant d'y croire et peut dès lors vibrer à la vue de cette relation compliquée.

Pour le réalisateur et même Max Boublil le jeune millionnaire, à la différence de ses copains qui ne rêvent que d'argent et de femmes (spectacles consternant), rend la vie des gens meilleure. On perçoit dans ces mots toute l'illusion d'une société bernée puiqu'en fait, Max ne fait qu'améliorer les conditions matérielles de la jeune femme et des gens qui l'entourent. Vu qu'il est tout à fait possible d'être malheureux dans un contexte doré (ha cette problématique du bonheur !), on sait combien cette "amélioration" est minime, mais c'est déjà ça...

Sur la relation amoureuse, on peut dire que c'est le néant absolu, ce qui est le comble pour une comédie romantique. Au départ le pauvre bougre se fait rejeter. Ensuite il vit son amour dans la clandestinité, puisqu'il lui fait du bien sans qu'elle le sache, et au moment où elle l'apprend, c'est-à-dire où la relation commence, le film finit. Aucune base sérieuse ne garantit le vrai amour.

Ce n'est donc pas encore là qu'on pourra grandir en sagesse, mais on pourra au moins se détendre...