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Film : Sideways (2004)
Réalisateur : Alexader Payne
Acteurs : Paul Giamatti (Miles Raymond), Thomas Haden Church (Jack), Virginia Madsen (Maya), Sandra Oh (Stéphanie), Marylouise Burke (la mère de Miles), Jessica Hecht (Victoria), Missy Dotty (Cammi), M.C....
Durée : 02:04:00
Sideways a reçu diverses récompenses de la part du monde du cinéma ; Alexander Payne et son collaborateur Jim Taylor ont
notamment reçu le Golden Globe du meilleur scénario. Leur film est en réalité une adaptation du roman homonyme de Rex Pickett dont le style très cinématographique avait été remarqué par le réalisateur et néanmoins co-scénariste Alexander Payne. Sans vouloir dénigrer la qualité de son scénario et de sa réalisation, il faut se rappeler que son imagination n'est pas la cause du film. Il reste en revanche le réalisateur d'un film sympathique. Alexander Payne a voulu faire revivre une histoire à l'atmosphère banale. D'ailleurs Rex Pickett s'est directement inspiré de la propre histoire, sensée être banale, qu'il avait vécu. Le scénario est donc crédible ; il est facile d'entrer dans le film. On voit deux hommes entre deux âges, deux amis qui partent en virée une semaine pour s'amuser et boire du bon vin, deux célibataires alors que l'un s'engage à nouveau dans le mariage avec appréhension et profite ainsi de sa dernière semaine de "liberté" avec un bon copain. Le bon copain, lui, ne pense
pas du tout à un prochain mariage, au contraire. Bien qu'il sache avoir par moment le moral au beau fixe, son divorce le laisse dans un état semi-dépressif alors qu'il est consommé depuis deux ans. L'histoire ne fait pas dans l'originalité et dégage une ambiance-type de vacances, mais le scénario dans son détail amène plusieurs fois des situations originales, voire burlesques. Le résultat est agréable, car le caractère banal de Sideways n'est pas excessif. Le réalisateur explique avoir filmé la crise existentielle à travers le périple de ses deux quadragénaires. Il y a sans doute des remises en causes derrière les comportements instables que le spectateur suit pendant une semaine dans la campagne californienne. On voit Miles, le dépressif, connaître quelques accès déraisonnables. Arrivé au milieu de sa vie, l'absence de l'âme soeur lui pèse et sa passion pour le vin lui joue des tours. Son livre est refusé par tous les éditeurs, son métier de professeur d'anglais le lasse profondément.
Peut-être se sent-il plus sérieux que son ami Jack, mais sans doute aussi en est-il jaloux. Pourtant, selon le cinéaste, Jack aussi est sensé connaître une crise existentielle. Plus vraisemblablement, Jack appréhende ou regrette l'approche de son mariage et croit pouvoir profiter absolument comme il l'entend de ses derniers moments de vie célibataire. S'il est peut-être "en quête de repères", il n'y a donc pas chez lui de "crise existentielle". Maya et Stéphanie, dont les deux compères se sont amourachés, sont sans doute, comme Miles, un peu plus "en quête", et Maya explique à Miles comment elle vient de s'extirper d'une relation blessante et malhonnête. Le meilleur acteur est sans aucun doute Paul Giamatti, qui interprète Miles, le héro d'Alexander Payne. Le personnage est le quiddam souvent un peu désenchanté de la vie, que l'on rencontre fréquemment, mais qui reste naïf dans le fond et attachant. Il est admirablement bien rendu par Giamatti, qui donne tout son naturel au personnage.
Son compère dans le film, Thomas Haden Church, est lui aussi intéressant à regarder mais son personnage est moins complexe. Les quatre principaux acteurs, c'est-à-dire les deux amis plus leurs découvertes, sont remarquables, et finalement leur prestation dépend à ce stade de la richesse du scénario. Mises à part les considérations plus technique comme l'éclairage voulu style cinéma français des années 70, ou comme le fond musical jazz très présent, le scénario, donc, s'il a été vivement apprécié par les pontes américain du cinéma, fait difficilement un grand film, et Sideways ne reste définitivement qu'un film artistiquement "sympathique". Le thème du film est assez simple, deux amis et la route des vins pour fêter un mariage qui approche. Mais on comprend rapidement quel est le véritable ressort de l'action quand Jack explique à son ami qu'il n'a pas l'intention de faire la route des vins pour visiter les caves, mais bien pour
les habitantes de la charmante vallée de Santa Ynes. Jack conçoit, comme tant d'autres, le mariage comme un enfermement, et, refusant de se résigner, veut alors prendre de l'avance comme pour défier le carcan qui va bientôt l'entraver. Il séduit deux serveuses ; deux scènes érotiques sont filmées. Il est vrai que l'attitude de Jack est dénoncée, à travers le délicat de sa situation quand elle est soudain révélée ou lorsqu'il va devoir retrouver sa fiancée. Et Miles est surpris quand son ami lui annonce ses intentions au début de leur périple. Mais ce même Miles, certes poussé et conduit par Jack, connaît une relation éphémère avec une serveuse, l'amie de celle que Jack a séduite. C'est là un épisode plus construit et plus sérieux que l'aventure presqu'"exotique" connue par Jack, mais trop pressée et donc regrettable : Miles n'est évidemment pas marié avec Maya. L'atmosphère de Sideways est ainsi malsaine. Ces quatre quadragénaires qui ont connu antérieurement des vies d'époux ou d'épouses,
sont un moment touchant dans leur démarche de séduction plus ou moins efficace, mais derrière cette ambiance détendue c'est en réalité la libéralisation des moeurs qui est explicitement représentée, et de manière vraiment démesurée dans le cas de Jack. On connaît les hymnes à l'union libre, on les a maintes fois entendus de vive voix. Nous avons pu en écouter le chant dans la réalisation d'Alexander Payne.
Raphaël du CHAZAUD
notamment reçu le Golden Globe du meilleur scénario. Leur film est en réalité une adaptation du roman homonyme de Rex Pickett dont le style très cinématographique avait été remarqué par le réalisateur et néanmoins co-scénariste Alexander Payne. Sans vouloir dénigrer la qualité de son scénario et de sa réalisation, il faut se rappeler que son imagination n'est pas la cause du film. Il reste en revanche le réalisateur d'un film sympathique. Alexander Payne a voulu faire revivre une histoire à l'atmosphère banale. D'ailleurs Rex Pickett s'est directement inspiré de la propre histoire, sensée être banale, qu'il avait vécu. Le scénario est donc crédible ; il est facile d'entrer dans le film. On voit deux hommes entre deux âges, deux amis qui partent en virée une semaine pour s'amuser et boire du bon vin, deux célibataires alors que l'un s'engage à nouveau dans le mariage avec appréhension et profite ainsi de sa dernière semaine de "liberté" avec un bon copain. Le bon copain, lui, ne pense
pas du tout à un prochain mariage, au contraire. Bien qu'il sache avoir par moment le moral au beau fixe, son divorce le laisse dans un état semi-dépressif alors qu'il est consommé depuis deux ans. L'histoire ne fait pas dans l'originalité et dégage une ambiance-type de vacances, mais le scénario dans son détail amène plusieurs fois des situations originales, voire burlesques. Le résultat est agréable, car le caractère banal de Sideways n'est pas excessif. Le réalisateur explique avoir filmé la crise existentielle à travers le périple de ses deux quadragénaires. Il y a sans doute des remises en causes derrière les comportements instables que le spectateur suit pendant une semaine dans la campagne californienne. On voit Miles, le dépressif, connaître quelques accès déraisonnables. Arrivé au milieu de sa vie, l'absence de l'âme soeur lui pèse et sa passion pour le vin lui joue des tours. Son livre est refusé par tous les éditeurs, son métier de professeur d'anglais le lasse profondément.
Peut-être se sent-il plus sérieux que son ami Jack, mais sans doute aussi en est-il jaloux. Pourtant, selon le cinéaste, Jack aussi est sensé connaître une crise existentielle. Plus vraisemblablement, Jack appréhende ou regrette l'approche de son mariage et croit pouvoir profiter absolument comme il l'entend de ses derniers moments de vie célibataire. S'il est peut-être "en quête de repères", il n'y a donc pas chez lui de "crise existentielle". Maya et Stéphanie, dont les deux compères se sont amourachés, sont sans doute, comme Miles, un peu plus "en quête", et Maya explique à Miles comment elle vient de s'extirper d'une relation blessante et malhonnête. Le meilleur acteur est sans aucun doute Paul Giamatti, qui interprète Miles, le héro d'Alexander Payne. Le personnage est le quiddam souvent un peu désenchanté de la vie, que l'on rencontre fréquemment, mais qui reste naïf dans le fond et attachant. Il est admirablement bien rendu par Giamatti, qui donne tout son naturel au personnage.
Son compère dans le film, Thomas Haden Church, est lui aussi intéressant à regarder mais son personnage est moins complexe. Les quatre principaux acteurs, c'est-à-dire les deux amis plus leurs découvertes, sont remarquables, et finalement leur prestation dépend à ce stade de la richesse du scénario. Mises à part les considérations plus technique comme l'éclairage voulu style cinéma français des années 70, ou comme le fond musical jazz très présent, le scénario, donc, s'il a été vivement apprécié par les pontes américain du cinéma, fait difficilement un grand film, et Sideways ne reste définitivement qu'un film artistiquement "sympathique".
Le thème du film est assez simple, deux amis et la route des vins pour fêter un mariage qui approche. Mais on comprend rapidement quel est le véritable ressort de l'action quand Jack explique à son ami qu'il n'a pas l'intention de faire la route des vins pour visiter les caves, mais bien pour
les habitantes de la charmante vallée de Santa Ynes. Jack conçoit, comme tant d'autres, le mariage comme un enfermement, et, refusant de se résigner, veut alors prendre de l'avance comme pour défier le carcan qui va bientôt l'entraver. Il séduit deux serveuses ; deux scènes érotiques sont filmées. Il est vrai que l'attitude de Jack est dénoncée, à travers le délicat de sa situation quand elle est soudain révélée ou lorsqu'il va devoir retrouver sa fiancée. Et Miles est surpris quand son ami lui annonce ses intentions au début de leur périple. Mais ce même Miles, certes poussé et conduit par Jack, connaît une relation éphémère avec une serveuse, l'amie de celle que Jack a séduite. C'est là un épisode plus construit et plus sérieux que l'aventure presqu'"exotique" connue par Jack, mais trop pressée et donc regrettable : Miles n'est évidemment pas marié avec Maya. L'atmosphère de Sideways est ainsi malsaine. Ces quatre quadragénaires qui ont connu antérieurement des vies d'époux ou d'épouses,
sont un moment touchant dans leur démarche de séduction plus ou moins efficace, mais derrière cette ambiance détendue c'est en réalité la libéralisation des moeurs qui est explicitement représentée, et de manière vraiment démesurée dans le cas de Jack. On connaît les hymnes à l'union libre, on les a maintes fois entendus de vive voix. Nous avons pu en écouter le chant dans la réalisation d'Alexander Payne.